ONU : le Conseil de sécurité frappe plusieurs groupes armés opérant en RDC avec une nouvelle série de sanctions

Le Comité des sanctions des Nations unies sur la République démocratique du Congo, institué en vertu de la résolution 1533, a annoncé ce 16 juillet une nouvelle vague de sanctions visant plusieurs acteurs majeurs du conflit dans l’Est du pays

Six personnalités ainsi que deux organisations armées sont désormais inscrites sur la liste des personnes et entités sanctionnées.

Cette décision entraîne notamment le gel de leurs avoirs à l’étranger, une interdiction de voyager ainsi qu’un embargo sur les armes. Elle intervient alors que la RDC assure la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies et multiplie depuis plusieurs mois les initiatives diplomatiques en faveur d’un renforcement des mesures contre les groupes armés.

Des responsables issus de plusieurs mouvements ciblés

Les sanctions concernent des dirigeants et commandants appartenant à différents groupes impliqués dans l’instabilité persistante dans l’Est de la RDC.

AFC/M23

Parmi les personnes visées figure Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), aujourd’hui coordonnateur de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), une plateforme politico-militaire alliée au M23. Les Nations unies sanctionnent également John Imani Nzenze, présenté comme un responsable du renseignement au sein du M23.

Au-delà des individus, l’Alliance Fleuve Congo (AFC) est elle-même inscrite sur la liste des entités sanctionnées.

FDLR

Deux responsables des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) sont également concernés. Il s’agit de Sébastien Uwimbabazi, identifié comme général de brigade du mouvement, ainsi que de Gustave Kubwayo, connu sous le nom de « Sirkoof », commandant des FDLR-FOCA. Les experts de l’ONU les associent notamment à des activités militaires, à des violences contre les civils et au financement du groupe à travers l’exploitation illicite de ressources naturelles.

ADF

Le Comité a également sanctionné Muhammed Lumisa, cadre des Forces démocratiques alliées (ADF), groupe armé d’origine ougandaise affilié à l’organisation État islamique. Selon les Nations unies, il aurait joué un rôle important dans le soutien logistique, médical et financier de cette organisation.

Twirwaneho

Enfin, Charles Sematama, ancien officier des FARDC devenu chef militaire de la milice Twirwaneho dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu, figure lui aussi sur cette liste. Le mouvement Twirwaneho est, en parallèle, sanctionné en tant qu’entité.

Une décision à forte portée diplomatique

Cette annonce intervient dans un contexte diplomatique particulier. Depuis plusieurs mois, les autorités congolaises plaident auprès du Conseil de sécurité pour un durcissement des sanctions contre les groupes armés actifs dans l’Est du pays et contre leurs soutiens.

Kinshasa estime que ces organisations sont responsables de la dégradation continue de la situation sécuritaire et humanitaire dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Les autorités congolaises ont également dénoncé à plusieurs reprises le soutien militaire attribué au Rwanda en faveur du M23, une accusation régulièrement évoquée dans les rapports des experts des Nations unies.

En visant simultanément des responsables de l’AFC/M23, des FDLR, des ADF et de Twirwaneho, le Comité des sanctions affiche sa volonté de frapper plusieurs acteurs impliqués dans les violences, indépendamment de leur appartenance.

Pour la diplomatie congolaise, cette nouvelle série de sanctions constitue un signal politique important obtenu alors que la RDC préside le Conseil de sécurité. Leur efficacité dépendra toutefois de leur mise en œuvre effective par les États membres, notamment en ce qui concerne le gel des avoirs, le contrôle des déplacements internationaux et le respect de l’embargo sur les armes.

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