Projet sino-congolais : près d’un milliard de dollars engagé, un bilan qui rattrape les critiques des Kabilistes.

Projet sino-congolais : quand l’arrogance d’hier devrait céder la place à l’humilité

Depuis 2008, le projet sino-congolais avait été présenté comme l’un des plus grands leviers de transformation de la République démocratique du Congo. Il devait permettre au pays de convertir ses immenses ressources minières en routes, hôpitaux, écoles, chemins de fer et infrastructures modernes.

Près de deux décennies plus tard, le bilan reste largement en dessous des promesses faites à la population.

Près d’un milliard de dollars aurait été engagé sans que les Congolais ne ressentent, dans leur quotidien, l’impact annoncé. Les infrastructures attendues n’ont pas été réalisées à la hauteur des ambitions initiales, plusieurs chantiers ont connu des retards, et le contraste entre les montants mobilisés et les résultats visibles continue de susciter de sérieuses interrogations.

C’est pourquoi les critiques actuelles de certains responsables et sympathisants de l’ancien régime doivent être accueillies avec beaucoup de prudence.

Aujourd’hui, plusieurs projets d’infrastructures voient le jour avec une enveloppe globale inférieure à 400 millions de dollars. Malgré des moyens plus limités, des chantiers deviennent visibles, des routes sont réhabilitées, des ouvrages sont lancés et certaines initiatives commencent progressivement à produire des résultats concrets.

Cette comparaison ne signifie pas que tout est parfait sous le pouvoir actuel. Les Congolais ont le droit d’exiger davantage de transparence, de rapidité, de qualité et de redevabilité. Mais l’honnêteté politique impose aussi de reconnaître les avancées lorsqu’elles existent.

On ne peut pas avoir dirigé le pays pendant près de deux décennies, bénéficié d’importantes ressources minières et financières, laissé derrière soi de nombreuses infrastructures inachevées, puis se présenter aujourd’hui comme le seul détenteur des solutions.

Les Kabilistes devraient parfois faire preuve d’humilité avant de critiquer.

L’opposition est nécessaire dans une démocratie. Elle permet de contrôler l’action du gouvernement, de dénoncer les abus et de proposer des alternatives. Mais une opposition crédible doit également assumer son propre bilan. Elle ne peut pas effacer le passé, réécrire l’histoire ou faire croire que tous les problèmes du Congo ont commencé après son départ du pouvoir.

Le peuple congolais n’a pas oublié les grands contrats annoncés, les milliards promis et les résultats qui n’ont jamais été à la hauteur des attentes.

Le véritable débat ne devrait donc pas se limiter aux slogans politiques. Il devrait porter sur des questions simples : combien d’argent a été mobilisé ? Combien de projets ont réellement été exécutés ? Quels ouvrages ont été livrés ? Quels bénéfices concrets la population en a-t-elle tirés ?

C’est sur ces éléments que les gouvernements d’hier et d’aujourd’hui doivent être jugés.

La RDC a trop longtemps souffert d’une politique fondée sur les promesses, la propagande et les querelles de personnes. Le pays a désormais besoin d’une culture de résultats, dans laquelle chaque dollar engagé doit produire une route, une école, un hôpital, un pont ou une amélioration réelle des conditions de vie.

Avant de donner des leçons, chacun devrait commencer par répondre de sa propre gestion.

Car lorsqu’un pouvoir a eu près de vingt ans pour transformer le pays sans atteindre les résultats annoncés, la moindre des attitudes devrait être l’humilité.

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