Le 19 octobre, à Beni, des chefs coutumiers du Nord-Kivu ont condamné le Front pour la refondation de la nation (FRN), associé à Joseph Kabila, et appelé la population à s’en désolidariser. Cette prise de position contredit le discours présentant cette initiative comme l’expression d’une large adhésion populaire.
Ce désaveu soulève une question essentielle : qui peut parler au nom des communautés et sur la base de quel mandat ? Le soutien de quelques personnalités ne saurait suffire à engager toute une population. Les autorités coutumières comme les citoyens doivent pouvoir exprimer librement leurs positions, sans récupération politique.
Dans ce contexte, présenter Joseph Kabila comme le porte-parole de l’ensemble des Congolais relève d’une prétention contestable. Aucune personnalité ni aucun mouvement ne peut s’attribuer une légitimité nationale sans l’adhésion libre et clairement exprimée des populations concernées.
La position exprimée à Beni rappelle ainsi un principe fondamental : les communautés ont leur propre voix et restent libres de leurs choix. Leur identité, leur dignité et leurs représentants ne peuvent être utilisés pour donner l’apparence d’un consensus autour d’un projet politique contesté.
Le débat politique exige des engagements transparents et le respect du consentement populaire. Parler au nom du peuple implique d’abord de l’écouter et d’accepter qu’il puisse dire non.
Le Congo appartient aux Congolais. Personne ne peut confisquer leur voix.
